vendredi 14 juin 2013

La dernière oeuvre du Vieillard qui écrivait des Romans d'Amour

Une nouvelle fois, j’ai retroussé mes manches, tracé un chemin de pierre et écrit ton nom au pinceau. Ne m’en voulez pas si je ne sais que parler d’elle. Je l’aime tant. Au début de notre rencontre, je n’avais point d’âge. Du moins, je n’avais pas encore vécu assez d’années pour qu’il devienne sujet de moquerie. Pourtant à cette époque, je n’étais sans doute pas moins ensorcelé par sa beauté, pas moins envoûté par son charme ; car aussi loin que je peux remonter le temps dans ma caboche, je trouve dans les cavités de mon cœur, l’empreinte de mon amour pour elle. Hier encore, congédié par les ténèbres, je suis rentré heureux de la forêt à l’heure du soleil couchant, le dos en miettes, les jambes lourdes et les bras brisés à cause de mes assauts répétés contre les magnifiques rondeurs du Gros Sablons. Car sachez, qu’en dépit de mes quarante années de passion musclée, ma flamme est toujours ardente, inassouvie, perpétuellement brûlante du désir de me livrer aux corps à corps avec la matière de mon plaisir.




N’ai-je pas dit quelque part, combien j’aimais, comment j’aimais sans baisser la garde ? Oui, aller à Bleau, c’est comme aller jouir au bordel, c’est mouiller ses yeux de bonheur à chaque reptation victorieuse sur le dos rond de mon péché. Mais surtout n’allez pas imaginer que tout est question de muscles, de chiffres et d’endurance. L’âme aussi y trouve son compte, et c’est même là l’essentiel du bonheur de vivre que l’on ressent dans la forêt, car aller à Bleau, c’est comme avoir un bon feu dans la cheminée qui vous réchauffe au cœur de l’hiver ; c’est comme sentir la douce caresse rafraîchissante d’un vent léger sur sa peau, lorsqu’elle est soumise à la brûlure ardente du soleil d’été. C’est bon à se damner ! C’est l’opium des âmes conquises par la beauté diabolique de Bleau. Car attention, aller à Bleau, c’est comme caresser ma peau dorée à point comme la chair tendre d’un pain d’épice, ça peut devenir un insatiable besoin, une envie constante, un réconfort, un art de vivre ; aller à Bleau, c’est comme une ordonnance mystérieuse émanant de l’air, c’est comme si on était ferré par le chant envoûtant d’une flûte enchantée, que l’on n’entend pas, mais qui vous ramène insatiablement sur les rochers. Depuis l’aube de mon amour, je n’ai eu de cesse de chercher à partager mes ivresses, partager mes joies, partager ma satisfaction d’être en elle. En somme, donner autant de plaisir que j’en ai à eu construire vos chemins de croix : car c’est cela ma richesse, mon karma magnifique, le roman de ma vie : donner. A cause de ça, j’en ai poussé des bérouettes remplies à ras bord, labouré des champs pour les fertiliser, besogné sans compter à me vider de ma substance vitale. Mais ai-je pour cela mérité cette moquerie douteuse, que l’on me traitât de « vieillard qui écrivait des romans d’amour » parce que, avec une chaste légèreté que c’en est adorable d’innocence, j’ai osé le charmant petit mot « grosses » dans mon dernier article. Nom d’un rocher ! De par la douceur de mon âme, si débordante de générosité, chacun et chacune, aurait dû se douter que la formule « grosses du club », ne pouvait pas être, ni moquerie, ni injure, mais l’expression de ma tendresse dressée comme un menhir pour le genre féminin. En tout cas, cela m’exprimait rien d’assez méchant et hostile envers vos rondeurs appétissantes, pour que l’une entre vous ne me destine précocement à gésir sous une pierre polie de grès gris, sur laquelle serait gravée cette épitaphe satyrique. A moins, que par ces mots, au premier abord cruels que mes yeux ont failli se noyer de chagrin, cette délicate personne ait voulu, à sa manière, me couronner de fleurs, méritées semble t-il par l’insolente beauté de la seule phase qui l’ait émue : « C’est tout neuf, et il y a de quoi s’amuser pour tous et toutes, même pour les grosses du club ». Dans ce cas sachez, princesse de mes rêves, adorable partenaire que je ne connais point, que les fleurs, je les préfère en bouquet plutôt qu’en couronne, même de laurier…En propos de fleurs, en allant flâner du côté des Gros Sablons, j’en ai trouvé de toutes bleues encore en boutons dépérissants sous la mousse et les fougères. Devant ce tableau désolant, il me fut impossible de détourner la tête, de jouer les indifférents. Quel embarras, la tâche était immense, propice à décourager les plus vaillants. En vérité, du fait que je suis toutefois une vieille personne à présent, digne de prendre pension à Kalimnos., mon corps aurait  bien dû fuir devant le colossal travail à effectuer, mais ma conscience chevaleresque armée du constant souci de partage, lui ordonna d’une voix impérieuse de les sauver de cette calamité. Aussi, pas le choix, sitôt après, la fleur au fusil, je me suis attaché à les dégager de leurs étaux. Et de fait, peu à peu elles reprirent vie, elles s’épanouirent puis se transformèrent, le temps de la floraison achevée, en beaux fruits juteux accessibles à tous et toutes….

Voici les détails de la récolte, le tout pesant D sup, ce qui n’est pas rien.


Sous le signe du Bonheur.


Y
1
3c
Le Vendôme
Dévers et mur sur bonnes prises.
Nouveau départ
Y
2
4a
Coup de Vent
Mur d’angle.
Nouveau

2bis
5b
Le Broute-doigts
Petit mur raide.
Nouveau
Y
3
4c
Le Vérin
Angle tournant.
Ex bis orange

3bis
5b
Frisson classé
Mur fissuré déversant.
Nouveau

4
4c
Marron Chaud !
Angle et rétablissement assez exposé.
Nouveau

5
4a
L’Arête à Étage
Mur puis traversée d’arête à gauche.
Ex 1 bleu ciel

5 bis
5c
Figure sur Glace
Traversée à gauche basse.
Ex 1 bis bleu ciel
Y
6
5a
Gagné aux Grattage
Dalle raide (5c directe à droite).
Ex 4 bleu ciel
Y
7
4a
Bouche d’Air
Traversée à droite et mur sur bonnes prises.
Nouveau
Y
8
4c
Parquet Ciré
Dalle directe sans la bonne prise main droite.
Ex 3 bleu ciel

8b
5b
Cornemuse
Traversée à gauche.
Nouveau
Y
9
4c
Le Rire Jaune
Mur
Ex 7 bleu ciel

10
3c
La Zone Interdite.
Angle main droite sans la grosse prise main gauche.
Ex 8 bleu ciel
Y
11
4b
Gros Bonheur
Angle déversant.
Nouveau
Y
12
3c
Petit Bonheur
Mur à trou.
Nouveau

13
4a
La Glacée de Gauche
Dalle.
Nouveau
Y
14
4c
La Glacée de Droite
Dalle.
Ex 11 bleu ciel

14b
5a
Panne d’Essence
Traversée à droite, sortie 30 orange.
Semi nouveau

15
4b
Le Pied Haut
Pied haut.
Nouveau

15bis
5a
La Grande Arête
Arête engagée.
Ex 10 bleu ciel

16
4c
L’Orange Amère
Dévers (partir comme l’orange, sortir à droite).
Nouveau
Y
17
5a
Le Piano à Queue
mur et arête.
Nouveau
Y
18
3b
La Grande
Mur haut.
Nouveau

18bis
4c
L’Isolé
Mur déversant en départ assis.
Ex 12 bleu ciel

19
5a
Le Bitard Tabou
Dalle (sans prendre les prises du Bitard et l’arête).
Nouveau

20
4c
La Rusée
Mur, sortie à la fissure.
Nouveau
Y
20bis
5c
L’Atout Maitre
Mur.
Ex 15 bleu ciel
Y
21
4c
Feu Ardant
Mur.
Nouveau
Y
22
4a
La Directe de l’Inversée
Mur sur inversées.
Ex 16 bleu ciel

23
3c
Le Télécommandée
Angle conventionnel en traversée.
Nouveau
Y
24
4c
La Bifurcation
Mur en diagonale.
Nouveau
Y
24bis
4c
Le Superbe
Mur engagé.
Ex 21 bleu ciel.
Y
24 ter
5b
Coucher de Soleil
Traversée, sortie fissure 15 noir.
Semi nouveau
Y
25
5a
La Glissade
Dalle en opposition.
Ex 24 bleu ciel

25bis
5c
Le Marron Glacé
Dalle fine.
Nouveau

26
5a
Poids et Altères
Dévers, sortie sur la droite.
Nouveau
Y
26bis
5b
Le Sale Gosse
Mur et fissure raide, rétablissement engagé.
Ex 26b bleu ciel
Y
27
5a
La Promenade
Traversée puis dalle fine.
Ex 25 bleu ciel

28
4a
L’Arête du Poisson
Arête.
Nouveau

29
4b
Le Rasoir
Mur sans l’arête main gauche.
Ex 28 bleu ciel
Y
30
4c
Le Pilier de Gauche
Pilier.
Nouveau
Y
31
4c
Le Pilier de Droite
Pilier.
Nouveau
Y
32
4c
Le Sourire
Mur haut.
Ex 32 bleu ciel

Que du Plaisir : 19 bleu.

Ca monte tout en douceur : 18 bleu

Que du beau, enfin presque : 24 bleu

1 commentaire:

  1. Comment résister au(x) charme(s) de ces écritures céruléennes ? Assurément, ce n'est point seulement à l'oreille des cailloux que ce soi-disant vieillard murmure, quoique plus d'un coeur de pierre en serait liquéfié. Je succombe, bien que dépourvue hélas des rondeurs requises.

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