vendredi 14 juin 2013

La dernière oeuvre du Vieillard qui écrivait des Romans d'Amour

Une nouvelle fois, j’ai retroussé mes manches, tracé un chemin de pierre et écrit ton nom au pinceau. Ne m’en voulez pas si je ne sais que parler d’elle. Je l’aime tant. Au début de notre rencontre, je n’avais point d’âge. Du moins, je n’avais pas encore vécu assez d’années pour qu’il devienne sujet de moquerie. Pourtant à cette époque, je n’étais sans doute pas moins ensorcelé par sa beauté, pas moins envoûté par son charme ; car aussi loin que je peux remonter le temps dans ma caboche, je trouve dans les cavités de mon cœur, l’empreinte de mon amour pour elle. Hier encore, congédié par les ténèbres, je suis rentré heureux de la forêt à l’heure du soleil couchant, le dos en miettes, les jambes lourdes et les bras brisés à cause de mes assauts répétés contre les magnifiques rondeurs du Gros Sablons. Car sachez, qu’en dépit de mes quarante années de passion musclée, ma flamme est toujours ardente, inassouvie, perpétuellement brûlante du désir de me livrer aux corps à corps avec la matière de mon plaisir.