vendredi 22 janvier 2016

LE GRAND FONTAINEBLEAU

- Qu'est-ce que le Grand Fontainebleau ?




Je me souviens avoir écrit un jour, qu'en gros il y a deux régions distinctes sur le globe. Il y a Bleau, puis le reste du monde. Et s’il est possible de faire plusieurs fois le tour de monde en 80 jours, je doute que l’on puisse faire le tour de Bleau aussi facilement. Je sais de quoi je parle, car quittant mon pays, mon jardin des délices et des délits, comme condamné par des juges impitoyables à errer dans le reste du monde, j’en ai effectué deux fois le tour en moins de deux alors que 40 années n’ont pas suffit pour faire le tour de Bleau. Mais qu’est ce que cette contrée exactement que l’on nomme Bleau, cette terre promises aux rêveurs, dont je vous rabats les oreilles ? - Si vous regardez une carte du monde, jamais vous ne trouverez où se situe le jardin d’Éden. -Et bien Bleau c’est pareil. C’est un jardin qui ne figure dans aucun atlas. – Sottise, me direz-vous, car ça voudrait dire que Bleau serait un mythe, un fruit de la déraison, un lieu sans centre, une contrée aux contours imprécis. Je crains que pour les cartographes, Bleau soit exactement cela : un lieu, où l’on deviendrait fou à chercher ses frontières. Écoutez, le Jardin d’Éden ce n’est pas une question de surface mesurable, de kilomètres carré, de traits au milieu d’un fleuve ou d’un sommet partagé en deux parts inégales, c’est une contrée indivisible et invisible que l’on saccage de toutes parts parce qu’on n’a pas encore compris qu’on était dedans. Bleau, est en fait, une émanation d’un monde qui part en miette, un bout dissimulé du jardin primordial, un fragment privilégié de la nature, un lieu unique découvert il y a seulement deux siècles car resté invisible aux hommes durant des millénaires.