vendredi 29 juin 2018

Série de voies jaunes à la Drei Zinnen

Louan s'en donne à cœur joie.. 5 Jaune

Il y a peu d’années, en pensant bêtement à ce que seront mes escalades à Bleau dans mes vieux jours avec mon dos devenu courbe comme un espace-temps et mes tissus déformés par la masse pesante d’un bel embonpoint, je me suis dit que ça n’allait pas être joyeux du côté des circuits jaunes. Bien obligé d’y penser à voir comment mes vieux frères d’infortune qui commençaient à collectionner les ans et les douleurs arthrosiques comme d’autres des blocs en 8a, étaient en peine de trouver blocs à leur pied. Bref, c’est en m’épanchant sur la détresse du vieux grimpeur, face au quatre supérieur devenu à leurs membres revêche comme du sept inférieur, que j’ai d’un coup compris que les circuits d’initiation pour les jeunes recrues étaient aussi des circuits de transition pour les anciens perclus de fatigue musculaire. Sauf que problème, les pistes jaunes, c’était peau de chagrin.

PS : On ne va pas mettre le nom du photographe à chaque cliché mit en ligne, ça ferait trop genre " on se prend au sérieux ", mais l'on peut toutefois signaler que les trois photos qui illustrent ce texte je les ai emprunté à Annick.
En effet, la majorité des circuits étaient en mauvais état, abandonnés des grimpeurs car insatisfaisant, parfois besogneux, et inadaptés à une pratique ludique en porte à porte : soit six circuits sur dix désertés, abandonnés ou obsolètes. Du circuit inutile à gogo. Il faut reconnaître que les cavalcades sur les circuits montagnes, ça va quand on est jeune ; de plus, plus aucun montagnard ne les fréquente aujourd’hui, puisqu’il n’y en a plus depuis belle lurette à Bleau…
Il peut paraître singulier de prétendre que ces fameux circuits jaunes créés pour le bonheur des débutants des années glorieuses, à écouter leur légende, s’avèrent en réalité et depuis longtemps d’abord servir aux vieux montagnards en perte de souplesse. Car nous sommes bien d’accord, Pascal nous le confirme encore (voie note 1), les circuits jaunes ont bien été créés sous prétexte d’initier à l’escalade les jeunes travailleurs et étudiants des années soixante-dix et quatre-vingt, et en aucun cas en pensant aux aïeuls qui pourtant s’avérèrent les utiliser avec une fidélité admirable, au contraire de cette jeunesse dynamique qui en général ne traîne pas dessus. Ne nous aurait-on pas dit toute la vérité, rien que la vérité ?

Personne n’a menti, ce sont simplement des ignorants qui colportent des faussetés. La réalité est que la majorité des circuits jaunes ont été faits sur mesure et suivant le modèle circuit montagne pour satisfaire les besoins sportifs de ceux qui les ont créés. Mais cependant, en affirmant cependant que c’était pour les débutants, parce qu’ils ont toutefois intercalé quelques lignes débonnaires. Pas question de les blâmer, car pourquoi leur reprocherait-on à eux, d’avoir fait des pistes pour eux-mêmes, alors que presque toutes les pistes ont été créées d’abord pour la satisfaction, parfois narcissique, de leurs auteurs. D’autant, qu’ils sont quand même allés dans le sens de l’escalade pour tous, pour eux-mêmes et leurs semblables.

Lorsque que j’ai lu le texte de Pascal retranscrit en fin d’article, j’avais dit que je ferai une réponse. Puis, j’ai renoncé lorsque j’ai compris qu’il n’en attendait pas puisqu’il en avait déjà une toute prête, car sous entendue dans son écrit, avec preuve à l’appui… Entre les autres, Pascal, Gilles : représentant officiel de la FSGT au cosiroc qui affirma aux membres du Cosiroc que je n’étais pas « réellement » à la FSGT, donc pas un de ses bénévoles, j’ai toutes les raisons de penser que les travailleurs  sont trop culturellement éloigné de la FSGT pour en faire vraiment parti… Alors, qu’ils me pardonnent, si je suis tendu lorsqu’ils veulent parler de mes initiatives à Bleau. Car, échaudé par les réflexions malveillantes, immanquablement j’ai cette réaction pavlovienne : mon estomac me brûle dès la première syllabe, et des ongles me poussent à la seconde : Qu’est-ce qu’ils vont encore me balancer à la tronche ? , me dis-je invariablement.

Foule dans le 4 bis Jaune

Je ne sais pas vous, mais il m’a fallu trente années pour découvrir cette monstrueuse évidence : que les circuits faciles servent avant tout au troisième et quatrième moment de son existence (simple précaution de langage)… A croire que j’avais fait toute ma vie des circuits avec des œillères ; que je n’avais été qu’un odieux imposteur qui n’a rien fait d’autre que s’amuser à les collectionner comme des trophées, et à les refaire à ma convenance lorsque qu’ils ne me plaisaient pas. Le plus fort, c’est que pas mal de gens m’ont prit pour un vrai bénévole, un altruiste amoureux de son prochain, un génial bienfaiseur (j’allais écrire bienfaiteur, le bougre)... Que faire maintenant que l’on sait que je suis un escroc ? Que je rende l’honneur que l’on m’a accordé par erreur ou que je fasse en sorte de le mériter ? Je m’en souviens encore ! Le cas de conscience était énorme, je n’en dormais plus… Enfin, presque plus.
C’est à peu près dans cet état de déchéance psychologique et physique que j’ai fini par me dire, il a trois ans environ, qu’il était grand temps que je donne enfin dans le militantisme conscient, avec dans la tête un vrai engagement à un principe altruiste… Celui de m’occuper des circuits pour les petits vieux grimpeurs de mon espèce. C’était d’autant plus motivant, qu’en plus de satisfaire à court terme mon intérêt personnel et en même temps celui de ceux de mes copains et copines, c’est que grâce à mon travail sans solde, arriveront de tous côtés des bisous tendres sur mes joues de reconnaissances. Tout bénef pour mézique : des beaux circuits tout à mon mérite et des gratifications savoureuses inoubliables…

Ce que je suis en trains de dire en me moquant en peu des vieux mensonges et des charlatans, c’est que si les grimpeurs aux cheveux blancs veulent avoir une chance que les circuits jaunes et oranges qu’ils utilisent perdurent, il faut qu’ils payent de leur temps libre au lieu de bailler devant la télévision conçue pour les empêcher de bouger leurs fesses. Il faut même en profiter, car ce n’est pas souvent que l’avenir de quelque chose, repose sur les épaules des retraités, il se trouve que personne n’a envie de le faire pour eux. Non Pascal, nous ne démontons pas l’œuvre de la FSGT car cette œuvre concrètement appartient autant au CAF, au GUMS, qu'aux « indépendants » de mon espèce. D’accord, certains circuits jaunes dans le AD que nous avons repris sont devenus oranges, comme nous en avons imaginé et créé cinq ou six autres (voir note 2). Mais à ne citer que ceux-là, c’est oublier ceux que nous avons créés et rénovés : le jaune au Rocher fin, le jaune du rocher Chatillon, le jaune de la J.A Martin, le Jaune du Rocher des Potets, la Violette de la Canche aux Merciers, le Blanc Enfant de Michel Coquard de la Canche aux Merciers remplacé par un nouveau pour les enfants de 9 ans à 99 ans : une première mondiale. Nous avons bien conscience, que l’on ne peut pas reprendre tout de notre propre chef et à notre propre compte (ça nous coûte cher), il faut en laisser aussi aux futurs retraités impatients d’en découdre avec la mousse et la bande de Yaka-le-faucon qui planent aux dessus des rochers de Fontainebleau. Bon courage, et merci la relève...

Nous avons eu des découragements, on a juré en crachant par terre : « Les râleurs ne nous emmerderont plus puisqu’on arrête les frais ». Mais voilà, comme des drogués que toutes les invectives ne sauraient rendre raisonnables, que déjà le lendemain, on se dit : « Allez encore une petite dernière ! Après jurer, on arrête, et vive la paix retrouvée ». Oui, après, le circuit fictif de Bois Rond, nous avons jeté nos brosses au fond du sac en disant terminer les douleurs à l’épaule. Mais voilà que quelques mois plus tard, on s’en refait une à la Drei Zinnen. Un simili de circuit jaune quasi parallèle au circuit orange.
Les maitres d’œuvre, nous les connaissons tous, se sont des piqués du rocher neuf : Annick, Gérald, Clément, Philippe, puis testé et essayé par J-Jacques 1er, Jean-Pierre, David, J-Luc, Louan, Alex… Voici donc une œuvre généreuse à découvrir absolument, chausson au pied propre comme un soulier neuf, car c’est fou le nombre de gens qui grimpent salement aujourd’hui. Le tapis brosse c’est dépassé, nous dit-on… 25 passages de niveau jaune à rosissant, plus deux plus coriaces mais pas assez pour qu’ils ne trouvent pas leurs places dans ce projet de piste qui risque évidemment de ne pas voir le jour... Voir l'article " non signé " du cosiroc publié sur l'un de leurs sites pour se rendre compte qu'on n'est pas près de voir une gestion collective planifiée avec une vision à long terme, appelée de tous ses vœux par Pascal (voir note  3). Ce n'est pas de l'ONF dont j'ai le plus peur, mais des gens de pouvoir un brin mégalomane... Nous, ce que nous faisons est paisible, raisonnable et nécessaire... Pépito.
Merci de m’avoir lu jusqu’au bout. Topo ici



1 : Il y a maintenant prés de deux ans Pascal, fort préoccupé par notre activité sur les circuits jaunes nous a interpellé avec habileté et tact en ces termes : Puisque vous demandez des observations à vos lecteurs, je me permets celle-ci : je n'ai pas réalisé tous vos nouveaux circuits, mais je ne doute pas de leur qualité, comme vous l'avez maintes fois prouvé. Par contre, je remarque une tendance générale à la hausse du circuit le plus facile des sites où vous avez œuvré : jaunes de la Roche et du 95,2 remplacés par orange, jaune de la Canche de ce niveau aussi... Vous allez me rétorquer qu'un 3 neuf est possiblement plus facile qu'un 2 usé, mais il n'empêche que petit à petit vous prenez le chemin inverse de ce pour quoi la FSGT a travaillé dans les années 60 à 80 : équiper tous les massifs d'un parcours pour les débutants. Faut-il attendre encore quelques années, le temps que les dinos dont vous parlez ne puissent franchir le 2ème degré, pour que vous traciez de nouveau des circuits faciles ? Deuxième réponse que vous ne manquerez de faire: qu'attends-tu pour le faire ? Ben tiens, la retraite pardi, comme vous ! Le seul problème que cela risque de poser : que vous ayez obtenu les dernières autorisations des gestionnaires de la forêt... Si le système du « troc » (abandonner un ancien circuit pour tracer un nouveau) peut encore fonctionner, il y aura peut-être encore quelques possibilités. Une gestion collective planifiée avec une vision à long terme serait souhaitable. Peut-être cela existe-t-il au sein de la commission SNE, si vous y participez, tenez-nous au courant...

2 : Roche aux Oiseaux, Rocher Saint Germain, Drei Zinnen, Franchard Sablons, Franchard Hautes Plaines, Gorges aux Châts…

3 : Il y a bien longtemps que nous n'avons pas publié un article sur l'entretien des circuits d'escalade à Fontainebleau. En effet, il y a un an, on annonçait la reprise de la commission des Sites Naturels d'Escalade par le Cosiroc sous la présidence de l'ONF. Côté circuit d'escalade en Domaniale, rien à vous signaler depuis le balisage des circuits jaune et violet de la Canche aux Merciers en septembre 2017 ! Et pourquoi donc ? Simplement parce que l'ONF semble totalement ensablé et pas seulement dans les ornières de ses grumiers ! Un an que les bénévoles du Cosiroc et autres volontaires aux travaux de peinture (pour ne citer que ceux-la) rongent leur frein en faisant face au bourbier administratif !

En fait, à l'image de l'administration française dans sa globalité, avant d'agir, il faut maintenant rédiger. Et pas qu'un peu... Outre les projets, avant-projets... sans aucun doute pour se protéger juridiquement, l'ONF Fontainebleau a souhaité mettre en place une convention locale avec le Cosiroc, soit une sorte de déclinaison de la Convention Nationale signée entre la FFME et l'ONF… Après plusieurs allers et retours du texte, pas de bol, la direction du véhicule forestier semble bloqué dans les ornières administratives retardant considérablement la signature de ce document essentiel et indispensable à la Forêt en général et aux circuits (balisage, modifications) en particulier. Dommage, car il y a beaucoup de projets en vue, du type remodelage et adaptations, pour tenir compte de l’évolution de la pratique de l’escalade et tout est bloqué par le POFinage d’une réglementation qui visiblement devait sérieusement manquer depuis la première création d’un circuit par Fred Bernick il y a 70 ans ! Un grand bravo donc à toutes les générations successives de baliseurs bénévoles qui avaient jusqu'ici réussi à créer et entretenir plus de 200 circuits sans cet élément essentiel !

Donc officiellement, pas de nouveautés ou mises à jours des circuits d'escalade à vous communiquer ce qui n’empêche visiblement pas certaines évolutions « de terrain » mais, comme ce n’est pas validé par un coup de tampon poffé à la colophane agréée ONF, chut !   

1 commentaire:

Pour laisser un commentaire sur les messages sans être connecté au blog, quand le commentaire est rempli à la rubrique " sélectionner le profil ", choisir "nom/URL" et mettre une identité (pseudo, prénom, etc.) à "Nom" et pour l'URL copiez simplement l'adresse du blog : http://grimpeasl91.blogspot.fr
Ensuite apparait le fameux "captcha", certes pénible mais devenu incontournable sur internet et enfin publier le commentaire.
Si problème envoyer un courriel à : asl91escalade.fr
L'administrateur