jeudi 15 janvier 2015

A Pâques ou à la trinité...

 
Alors, personne n'a la moindre idée pour réveiller un peu ce blog? L'humidité de cet hiver qui commence dans la douceur nous éloigne provisoirement des sites naturels, mais ça nous laisse du temps pour faire des projets. Prochaine destination La Ciotat si j'ai bien compris, donc l'occasion d'aborder les quelques nouveautés et de vous inviter à découvrir le TATA, pratique en plein développement dans les Calanques. Un court séjour au jour de l'an nous a permis de tester (un peu)...

Les initiales T.A. signifient "Terrain d'Aventure" dans la nomenclature officielle de la FFME. En fait, tout ce qui n'est pas équipé de points d'assurage fixes et solides sur la totalité de l'itinéraire, par opposition à "escalade sportive". La différence, vous l'aurez compris, réside dans la dangerosité de la chute et impose donc au grimpeur d'acquérir des qualités peu invoquées par l'escalade sportive dont les composantes principales restent les aspects énergétiques et technico-tactiques. Le terrain d'aventure s'apparente plus à la pratique de l'alpinisme en faisant appel à des aspects cognitifs et affectifs inconnus en escalade sportive (sauf des débutants qui ont à maîtriser en premier lieu les techniques liées à l'assurage, simples, ainsi que les émotions liées à l'appréhension de la chute, qui disparaîtront assez rapidement).
Les aspects cognitifs se concentrent dans la gestion de sa sécurité lors qu'il n'y a pas ou peu de points fixes, le choix de l'itinéraire et les techniques de réchappe (comment redescendre).
Les aspects affectifs sont liés à la psychologie générale du grimpeur et à son moral dans l'instant. Comme pour le point précédent, l'expérience permet de progresser.

Mais sous ce vocable TA on trouve de telles variations dans l'engagement et l'équipement - ou non - que les amoureux de l'aventure ont inventé le terme péjoratif TATA pour moquer les "pseudo-aventures" sur des terrains bien balisés, proches d'itinéraires équipés, de faible hauteur ou presque entièrement équipés facilement accessibles par les moyens de secours.. TATA comme Terrain d'Aventure Totalement Aseptisé.
Il est bien évident que pour chaque niveau de pratique, franchir un palier dans l'engagement constitue une aventure. De même ces voies peu engagées permettent-elles de se familiariser progressivement à une escalade plus exigeante moralement et intellectuellement.



Dans les Calanques,de nombreux itinéraires anciens ont été laissés en l'état, mais les anciens pitons, corrodés par l'air marin, donnaient une fausse impression de sécurité. Après concertation entre les grimpeurs au sein de la fédé locale, certaines voies sont reprises pour être nettoyées de l'ancienne ferraille, purgées des blocs branlants et équipées de points fixes inox aux relais ainsi que dans les endroits difficiles à protéger. Ce sont les plus jolies voies qui ont ainsi rejoint la liste du TATA et permettent de découvrir sans grand risque le plaisir de chercher son chemin et de placer ses protections (coinceurs et autres).



En 2014, une classique du Devenson, la Grande Arête, a ainsi été équipée pour assurer un minimum de sécurité mais en restant dans un type de pratique qui était la règle avant les années 80. Le niveau moyen de cette voie permettra à beaucoup de se lancer dans cette pratique.
Le topo est ici:
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et la description complète là:
  http://www.camptocamp.org/routes/55699/fr/calanques-devenson-grande-arete-du-devenson

Pour les plus motivés qui aiment les longues journées, une voie toute en travers du même type que "Sur les traces de Gaston" vient d'être équipée sur l'Aiguille du Devenson, qui se détache en bas à gauche sur la photo. Deux heures de marche pour atteindre "Au pays des merveilles", 7 longueurs en 6a max puis de retour au pied, remonter au plateau par la grande arête (ligne rouge sur la photo). Pour finir, compter 1h15 pour remonter au parking, ouf!
Le topo est là:
http://www.camptocamp.org/routes/530185/fr/calanques-devenson-au-pays-des-merveilles

Une autre voie terrain d'aventure très cotée auprès des grimpeurs dans le même secteur, c'est "Riz au lait", mais réservé à de bons experts car les belles fissures en 6a+ doivent se protéger entièrement sur coinceurs. Quelques dizaines de m. à gauche," la cheminée du cirque" est nettement plus facile et vu le nombre de points en place (gougeons et lunules), un grimpeur de ce niveau (6a) ne rajoutera rien.
Topos:
http://www.camptocamp.org/routes/56738/fr/calanques-devenson-riz-au-lait
http://www.camptocamp.org/routes/55678/fr/calanques-devenson-la-cheminee-du-cirque

Plus proche de la voiture, à l'Eissadon, le pilier Ouest permet de s'initier à la pose de protection dans un niveau plus modeste. Attention, dans la dernière longueur, superbe, ne pas faire confiance aux quelques pitons en place, totalement véreux, mais poser des coinceurs!

Pilier Ouest de l'Eissadon

Un peu plus à l'Est, à la falaise du belvédère (Calanque de l'Oule), vous avez le choix entre quatre voies.
"Les croûlants", 3 longueurs en bon rocher (6a+, 5c, 5b) où il n'y a que quelques coinceurs à poser en L1, ce n'est même pas indispensable ensuite tant elle a été équipée de gougeons en 2013. Ce serait parfait pour commencer si le plus difficile n'était pas la première longueur! Le rocher n'est absolument pas patiné, contrairement aux "futurs croûlants", sa voisine, une des voies les plus parcourues du massif depuis des décennies, un peu plus difficile. A droite, la voie du Linceul, que nous avons faite fin décembre, absolument magnifique, 6a obligatoire, avec un poil d'engagement en L1 et L2. La voie ne dépasse pas 6a sauf pour un pas de tire-clou (ou 6c en libre). Les quatre longueurs sont différentes et aussi jolies sur un rocher neuf.
Enfin plus à droite encore, le"pilier du Hoggar" est plus difficile (6c) mais la pose des protections si évidente que les difficultés peuvent être franchies en artif sur coinceurs.

Description de toutes ces voies ici:
http://www.camptocamp.org/summits/41700/fr/calanques-l-oule-belvedere
La traversée du linceul

Voie du Linceul (très conseillée):
Accès par les rappels sous le bivouac Azéma. La chaîne de rappel est cachée derrière un arbre sous lequel on passe par une vire, petite corde fixe à la fin (40m, 45m jusqu'au pin caractéristique, puis 8m sur une de ses branches). Du pin, on aperçoit le relais de départ en contrebas à gauche (un spit et une lunule). On le rejoint par un petit rappel et une traversée sur une vire instable (rester sur le rappel).
 L1 dans la cheminée puis après quelques mètres prendre la fissure de droite (5c) (à gauche on rejoint le piton masqué et ses rings). Ensuite pilier très raide à trous excellents (6a) et après deux lunules et deux gougeons, on retrouve la cheminée à droite. Relais à deux spits, que je n'ai pas vus, mais on peut enchaîner avec L2 à 50m en gérant bien le tirage.
L2: superbe goulotte d'aragonite (5) puis on s'engage dans la grande dalle blanche qui donne son nom à la voie et que l'on traverse en diagonale pour relayer aux deux rings de la voie de gauche (5c,deux gougeons et un tout petit câblé pour protéger le dernier pas).
L3: belle fissure à droite en 6a facile à protéger mais qui hélas s'interrompt, pas de bloc ou 6c pour passer un gougeon. La fin est équipée parce-que commune à la voie "cacochymes pervers). Beau relais sur un balcon suspendu.
L4: traverser à gauche, facile et gazeux, remonter la fissure tout droit ensuite, 5c/6a, deux lunules et un gougeon, coinceurs. On sort à quelques mètres des rappels.

L3 et le toboggan du linceul

La vue depuis le relais en balcon 

Quand ça devient raide, il y a des gougeons... C'est ça le tata!
 Attention: cet endroit est LA falaise d'hiver par excellence! A Pâques, il ne faut y aller que par temps couvert sous peine de souffrir dans les chaussons.

Encore un peu plus à l'Est, la falaise de Castelvieil est prisée des amateurs de TA. Le passage obligé pour la liste de voies des candidats au monitorat d'escalade a longtemps été la "traversée sans retour", une chouette balade qui occupe la journée en commençant par la traversée Ramond, voire par les "futurs croulants" puis la Ramond comme nous avions fait en 2004: matinée aux croulants, pique-nique sur le promontoire de la Ramond, sieste vers les deux tiers de la sans-retour... Sans oublier la crème solaire! La deuxième classique, en véritable TA car l'équipement est à placer tout du long, commence aussi comme la sans retour mais monte droit après une longueur. Je n'ai pas parcouru cette voie du "Toit branlant" dont on dit le plus grand bien (6a).
Topo ici: http://www.camptocamp.org/routes/57176/fr/calanques-castelvieil-voie-du-toit-branlant.

A part ça pas grand chose de nouveau cette année dans les Calanques. C'est toujours aussi magique en hiver, avec des lumières extraordinaires et des départs du parking en doudoune pour une grimpe en t-shirt au soleil et à l'abri du vent.

Le Torpilleur est toujours en rade, au pied des Pierres Tombées, une des falaises sportives les mieux exposées en cas de mistral.

Autre spot d'hiver: les socle de la Candelle, large et haute falaise très variée, avec dalles, fissures et dévers. Ici le secteur Igloo, le plus raide, mais autour il y a de quoi faire dans le 5c/6a.




La Cathédrale, à gauche, et la Candelle, à droite, un must de la région, notamment l'arête de Marseille, entre ombre et soleil, qui a vu passer des générations de grimpeurs.

Lumières du soir au secteur "Grotte de l'ours"


Côté Canaille, la folie d'ouverture semble s'être épuisée, à moins que ce soit à cause des règles du Parc National. Quand le vent n'est pas trop fort, on peut aussi y profiter d'un bel ensoleillement entre midi et 16h.
Le premier janvier nous y avons commencé l'année fort agréablement, par une voie abordable que je recommande, proche de la Loi du Chaos. Comme celle-ci, elle est équipée rapproché et par conséquent accessible. En gros, c'est une voie de 6b avec trois pas plus difficiles: deux dans L3, au niveau des spits, et un dans L4, un 6c+ pas évident à lire dont je ne vous donne pas la clé...
Topo ici: http://www.camptocamp.org/routes/243555/fr/cap-canaille-draioun-reve-d-abricot

La belle fissure de L3 de rêve d'abricot: d'abord en dülf d'un côté, dans la brèche, puis retournement et dülf dans l'autre sens sur le grès. Et à la fin, le pas où l'on cherche les pieds pour atteindre les alvéoles.

Des galets, toujours des galets...


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