dimanche 24 mars 2019

Leonidio 2019








Mon article de 2016 présentant ce site du Péloponèse  commence à dater un peu. L'escalade à Léonidio a connu une formidable expansion et le succès est au rendez-vous: le nombre de visites sur cet article entre en résonnance avec la foule de grimpeurs ayant envahi le bourg en octobre... C'était bien plus calme lors de notre session  début mars et ces deux séjours espacés  de quelques mois me donnent l'occasion de faire un tour d'horizon des nouveaux secteurs que nous avons découverts.
Globalement, pour appréhender le site et préparer un éventuel voyage, voici les conclusions que nous en avons tiré. La majorité des secteurs sont en face Sud, dont pratiquement toute l'escalade facile et moyenne (4c à 6c). Pour les grimpeurs de ce niveau, il faudra donc prévoir la date du séjour en conséquence... En octobre 2018, le séjour a commencé par une période "froide" (20 degrés) et nuageuse, parfaite pour le site, mais qui a tourné au chaud et humide à la fin du mois et début novembre, donnant des conditions d'escalade pénibles. En février 2016 et en début mars 2019 nous avons eu des conditions parfaites avec des températures parfois élevées (25 degrés le 10 mars). C'est la raison pour laquelle on dit que Leonidio est un site d'hiver, mais attention, le beau temps n'est pas garanti: l'hiver 18/19 a été particulièrement froid et arrosé, l'anticyclone qui nous a offert un printemps avant l'heure en France en février a bloqué les perturbations sur la Grèce. Le temps a changé le jour de notre arrivée, ouf,  car la neige était présente dès 500m d'altitude.



En période trop ensoleillée, les grimpeurs au-dessus de 6c ont un choix de sites ombragés assez important pour ne pas être gênés. Cependant, contrairement à Kalymnos, la région ne bénéficie pas du même régime de vent en été et il ne faut pas trop compter sur la brise de mer car les sites en sont souvent distants. Pour l'instant, à part pour les quelques grimpeurs installés à demeure, Leonidio ne peut être considéré comme un site toutes saisons.

Où grimper quand il y a trop de soleil? Le site de Mikri Sintza offre deux versants, mais peu de voies dans chaque niveau. Jupiter, un des derniers nés, ne voit jamais le soleil (à partir de 6c), Elona, très classique, ne prend le soleil qu'en fin de journée mais commence à 7a. Le grand classique c'est Sabaton, avec ses voies courtes entre 6a et 7a, hélas souvent sur-fréquenté. Avec des cotations sévères et la patine qui déjà s'installe, on peut grimper à l'ombre certes, mais avec une pointe de déception pour certains de mes amis (je n'y suis pas allé)... Mars passe à l'ombre à 14 heures, avec seulement deux 6a+ et une poignée de 6b. De même pour ses satellites, mais tout y est dur, sauf deux 5c à Namaste et un autre à Venus, tous à l'ombre l'après-midi. Autre alternative: faire une grande voie, car celles-ci se sont multipliées, car on profitera de la brise de vallée dès atteint le premier relais. La plus simple, Mignonette (5c), est d'ailleurs à l'ombre en fin d'après-midi. A savoir aussi: certains sites au soleil dans la vallée de la rivière Dafnon bénéficient souvent d'un fort courant d'air qui permet d'y grimper même au soleil surtout par vent d'Ouest. C'est le cas de Pomagranate (face Est) ou même de Adrspach Wall (Sud). Sinon il y a encore la solution d'aller passer une ou plusieurs journées à Kiparissi, avec de nombreux sites à l'ombre (voir article sur ce blog).

Adrspach wall, un nom qui doit sonner aux anciens du club*

Allez, c'est parti pour un tour des falaises, non exhaustif car je suis loin d'avoir encore tout visité!

Les classiques

Au-dessus du village, donc accessibles sans voiture et regorgeant de voies faciles, les secteurs Douvari, Orama, Rocspot, Hospital et Red Rock voient leur nombre de voies augmenter chaque année grâce à l'équipe autour des Rémy bros, financés par la municipalité et quelques sponsors. Argent bien placé car eux équipent beaucoup de voies accessibles, assurant le développement économique du bourg. Comme à Kalymnos, les cotations généreuses participent aussi de la satisfaction des grimpeurs qui reviendront certainement. Il n'y a donc presque rien en-dessous de 5b, mais ceci équivaut souvent à un aimable 4 de Bourgogne... L'inconvénient, c'est que toutes les voies se ressemblent et sont proches les unes des autres. On trouvera donc plus la variété dans les paysages que dans les styles de grimpe. On peut y faire des voies longues ou très longues, nécessitant de nombreuses dégaines (jusqu'à 20!) et une corde de 80m semble indispensable pour aller partout.


Directement au-dessus du village et moins raides, normal que ce soient les secteurs les plus fréquentés!



Deux autres classiques qui ont fait la réputation de Leonidio, Elona et Mars, ont vu aussi leur potentiel exploité jusqu'à la dernière goutte, mais dans un niveau nettement supérieur. A Elona, le nombre de voies sur tufas dans le grand mur a doublé en trois ans, mais rien en-dessous de 7a+. Toute la partie du haut, équipée fin 2015, n'offre aucun intérêt hélas. Pour le huitième degré, Elona est incontestablement le site phare de Leonidio, avec le secteur voisin de Nifada. Au secteur Mars, quelques 6 ont été ajoutés là où il restait quelques mètres de libres. Nous y avons testé "Bon voyage", 6b+, bof, Wilfried RIP, du même niveau, pas mal, "Drop city", beau 7a avec un pas de bloc pas évident à vue. On n'y est pas restés trop longtemps car le site est toujours encombré, nous sommes descendus faire deux voies en-dessous à Phobos, dont "Gulliver", un des plus beaux 7a de la région. Juste à côté, signalons le secteur Vénus, très tranquille, avec quelques voies dans le 7 également.


Soleil en fin de journée seulement à Elona. Une des dernières nées et pas la moins belle: "Les gros knee bars", 7a+

Autre secteur classique d'un niveau intermédiaire, Hot rock, où nous sommes allés probablement pour la dernière fois puisqu'on a maintenant fait toutes les voies. C'est aussi un secteur fréquenté car proche du parking, avec de belles voies sur gouttes d'eau dans de longs murs réguliers. Super pour les personnes évoluant entre le 6b et le 7b. Il y a quand même une colo, "String climbing", dont le 7a+ est plutôt sévère contrairement à sa belle voisine "Sympatiki", plus dalleuse.

Les "en train de devenir classiques"

La falaise de Skiadihaniko, d'équipement récent, a connu un boom fulgurant dès la parution du topo. On y trouve en effet de nombreuses voies faciles en dalle, quelques voies de niveau intermédiaire et de belles voies de 7 devenues rapidement incontournables, telle Ramasca (6c+ ou 7a+ jusqu'en haut) ou Red Honey (7b). Super site quand il fait frais mais qui prend le soleil toute la journée et donc peut devenir un four...



Ramasca, la grande classique de Skiadhianiko( 7a).


Un peu plus loin sur la route, Adrspach wall a plus d'ancienneté et voit passer de nombreuses cordées. C'est un secteur moins marquant, avec des voies courtes et teigneuses, sauf les 6b plutôt aimables, une occasion de toucher ses premier tufas dans un niveau raisonnable. Ce peut être une étape avant Elona car proche de la route.


Thimon n'a point besoin de pincer comme un tourteau dans Jukama, à Adrspach wall, c'est seulement 6b...
Théos: un ensemble très intéressant développé par Rémy and co, qui se divise en 4 sous-secteurs. Théos pillar, le plus proche du parking, offre trois superbes voies à réglettes dans le 6c/7a (et aussi trois voies de chauffe). Un peu plus haut, changement de style radical à Theos Cave: comme l'indique son nom, il faudra sortir les biceps. Cependant, on pourra grimper sur des calcites dans du 6a/b, ce qui n'est pas si courant. Deux voies marquantes dans le 7a: Zeus, un exercice de gym comme en salle, et surtout Psili, un peu plus dure avec ses magnifiques colos. Plus à droite on trouve Micro Theos, avec de beaux 6c et trois 7a+ tout en résistance et enfin Theos Right, plus accessible, avec un mur dominé par un dévers, ce qui a permis la formation de belles gouttes d'eau pour des voies de 15 ou 20 mètres en 6a/6b. Si vous avez le niveau, ne ratez pas la prolongation de "Ride to the top".

Cath dans le dévers de Theos cave (Zeus, 7a)
Vu sous un autre angle

Panagia et Yellow wall: secteurs déjà anciens et pas trop fréquentés. J'en ai déjà parlé dans l'article de 2016. J'ajoute qu'il y a quelques voies de plus dans le 7 à Yellow wall et de nouvelles voies équipées sur rings dans le grand mur à colos de Panagia. Le ticket d'entrée est à 6c, il faut une bonne conti mais ça vaut le coup. Attention, il peut faire très chaud ici et les colos pissent encore longtemps après la pluie...

Dornröschen et King of Thrones: deux secteurs très proches et indissociables, en général les grimpeurs font les deux en suivant le soleil ou l'ombre, selon la saison... La première consiste en une plaque d'inclinaison régulière avec des murs à gouttes d'eau de 5 à 6c. L'escalade est jolie, mais lasse assez vite par manque de variété. La seconde est plus variée en niveau, hauteur et style. On y trouve un des rares dièdres fissurés de Leonidio, en 5ème degré. Et la belle Tsousouni, un 7a+ sur tufas avec son pas de bloc plus facile pour les petits, ce qui est assez rare pour être signalé.

Enfin, Jupiter, la grande découverte de 2018. Ce nouveau secteur reculé mais d'accès facile par le haut nous a véritablement enthousiasmé. C'est un immense mur de plus de 50 mètres de hauteur criblé de trous, vertical à légèrement déversant. L'inconvénient, c'est que le ticket d'entrée est à 6c, avec deux 6b pour tout échauffement. Par contre, quel pied pour les grimpeurs de 7a/7b ayant une bonne conti! Le plus beau rocher se trouve en bas, dans les voies allemandes, plus à droite il est plus délité dans la partie basse. Une corde de 100m évite des manoeuvres peu confortables et il faut emporter au moins 20 dégaines pour réaliser les grandes envolées. Les voies Rémy ont parfois plus de 25 points, mais si rapprochés qu'on peut en sauter ou récupérer aisément.

Dans l'immensité de Jupiter...


Les "pas classiques"

... mais qui valent le coup quand même!
Nous avons complété une séance à Namaste, après avoir fait une grande voie. Dire que ce secteur n'est pas fréquenté est faux car de nombreuses cordées s'y arrêtent en descendant de Mars, pour une ou deux voies, généralement les deux 5c et "Tufa liaison", la grosse colo évidente (6c bien pompant, un pas un peu morpho). Les voies difficiles du grand mur sont assez rarement parcourues, l'escalade verticale sur petites prises n'étant pas trop prisée des grimpeurs formés en salle. Pourtant, pour peu qu'on soit muni de chaussons performants, on aura plaisir à enchaîner les pas techniques de "Lord of the crimps", la bien nommée.

Dans ce niveau de difficulté, je recommande aussi Pomegarate, à 5 minutes de la route et en face Est. Bien ensoleillée jusqu'à 13h, la falaise bénéficie souvent du courant d'air dans le canyon. Les cotations sur le topo de Panjika ne sont pas toutes bien établies car la falaise a vu le jour juste avant la parution. Notons d'ailleurs que la voie 6 (et 6b) n'est même pas terminée alors qu'elle est cotée! Donc voici nos cotations pour les cinq voies que nous avons parcourues avec leur numéro sur le topo:
1/ 6a+, bon échauffement tout en équilibre, peut être déstabilisante
2/ 6c, plutôt aisé pour le niveau, un pas à la fin pour entrer dans le dièdre. Jolie et surprenante
7/ 7a Une première partie en 6b puis un gros pas de bloc pour passer le bombé gris (plus facile pour les petits car très regroupé)
8/ 7a+ une approche en 6a en rocher brisé, puis ça se corse sérieusement au bombé, fissure et coincements de doigts pour terminer sur un pilier verdonesque, c'est-à-dire aérien, gris,lisse et aux pieds fuyants. Belle voie
4/ Elle s'appelle Hooga, la ligne est attirante et on n'est pas déçu tant c'est varié. Magnifique 7b.

Un peu plus haut dans la vallée, le secteur Africa fait face aux lacets de la route d'Elona. Nous n'y avons fait que deux voies, déçus par la qualité très moyenne du rocher et une escalade assez monotone sur écailles dans de la dalle raide. Les voies sont toutes entre 6a et 6b+.

Deux secteurs que nous n'avons pas eu le temps de visiter mais dont nous avons de bons échos: Bella Vista, en plein soleil, ouvert récemment, tous niveaux, ainsi que Sala, nouvelle falaise surtout axée sur le septième degré (face Est).

Sans oublier....

Je n'ai pas reparlé de Twin Caves, un spot très fréquenté qui n'a pas trop de nouveautés, de même que Balcony. Il faudrait que l'on aille à "Clash of the Titans" et "Hada", falaises à l'abri de la pluie, mais en trois séjours passés ici il n'a plus qu'une fois un jour de repos!

Enfin pour terminer il me faut toucher un mot des grandes voies qui continuent de s'ouvrir régulièrement. Nous n'en avons parcouru que deux, notre expérience est donc limitée.
Dans le secteur Rémy nous avons fait Aramis, vraiment intéressante, soutenue dans le 6b (6c en dernière longueur), aérienne. Je sais que ses voisines de droite sont de qualité, mais plus difficiles, sauf Mira, la plus parcourue du secteur (6b max). Au secteur Hospital il y a trois voies ne dépassant pas 6b, Aghios Lemmy est déjà classique. Nous avons testé une voie difficile, Petson et Findus, dont la cotation était fantaisiste (un 7a+ où j'ai du tirer trois points, 6c+ obligé) et les dernières longueurs sur un caillou piquant et végétal.
En général les voies sont équipées en rappel, mais pour tout ce secteur les grimpeurs préfèrent une descente plus tranquille avec quelques minutes de marche et deux rappels entre les falaises "Kokkinovrachos" et "Hospital". attention, il y a une erreur importante dans le topo allemand de 2018: le second rappel fait 40m et non pas 30 comme indiqué!

Du sommet d'Aramis, vue sur les toits de la ville.
 Les à-côtés de la grimpe:

La région ne manque pas de balades et la vie au bourg est une distraction à elle seule! La plaine maraîchère subviendra à vos besoins en légumes et fruits frais, oeufs et huile d'olive, la montagne en miel et feta. Marché des producteurs locaux le lundi matin. Pour le logement, nous avons choisi d'habiter chez un maraîcher pour éviter le microcosme des grimpeurs. Ambiance sympa et contacts fructueux et réguliers avec les voisins qui interrompent volontiers leur labeur pour échanger (et même offrir leur production!). Avec en prime la mer au fond du jardin, mais bon, en février/mars on ne reste pas longtemps dans l'eau!

Des épinards tous frais pour les tourtes que nous cuisinera notre hôte.

Dans le jardin.

Promenade à Aghios Nikolaios

La pizzeria.
 
Dans la boutique de Constantin, 9ème génération à se la repasser de père en fils.

3 commentaires:

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