jeudi 10 octobre 2019

ANA MONTAGNE ESCALADE FSGT par Gilles Rotillon

1 - Une Assemblée Nationale d’Activité pourquoi faire ?

La spécialité montagne de la FSGT vit depuis plus de trente ans les conséquences de l’orientation qui avait été décidée à la suite des stages Maurice Gratton (en 1983) et qui avait consisté pour l’essentiel à se recentrer sur le développement de l’escalade en appui sur les innovations qu’ont constituées les SAE, la création d’Hauteroche, première falaisemoderne dans le monde et la généralisation des pistes faciles à Bleau et des pistes enfants.

Cette orientation a produit un réel développement de la spécialité dans la FSGT (plus de  8000 licenciés aujourd’hui) et surtout hors de la FSGT. La FFME a vu ses effectifs atteindre plus de 101 000 licenciés en majorité dans la spécialité escalade. La FFCAM en a plus de 99 000 et les grimpeurs se comptent par millions dans le monde où les falaises modernes (c’est-à-dire équipées béton) se multiplient. L’escalade s’aussi diffusée à l’école et fait partie maintenant des apprentissages de base en EPS.
On peut dire que notre orientation a transformé le milieu alpin en faisant émerger ce sport nouveau qu’est l’escalade sportive. Mais il faut dire aussi que cela ne s’est pas fait sans contradictions. La première résidant toujours dans le constat que si l’alpinisme n’est toujours pas un « sport populaire » comme un de nos vieux slogans se plaisait à le proclamer (au moins comme objectif), la massification de la pratique de l’escalade sportive ne l’est guère plus si on regarde la composition sociologique des pratiquants, en majorité constituée par des grimpeurs et des grimpeuses disposant d’un bon capital culturel. Ce n’est évidemment pas un hasard si, pour ce qui concerne la FSGT, le développement s’est fait pour l’essentiel en Ile de France (et même à Paris). La seconde (sans hiérarchie) tient au développement impressionnant de la marchandisation de l’activité, que ce soit d’abord dans la croissance exponentielle des salles privées (croissance en nombre, mais aussi en surfaces), mais aussi de l’équipement des falaises, délégué de plus en plus à des professionnels, Hauteroche restant sur ce point encore une exception. La troisième enfin, c’est l’arrivée de l’escalade spectacle dont le point d’orgue est son entrée aux JO de Tokyo en 2020, avec ses conséquences (positives et négatives qu’il faudrait analyser de près) sur la pratique de tous.
Il est donc naturel et nécessaire de faire le point aujourd’hui, dans les nouvelles conditions qui sont les nôtres, sur l’état de notre spécialité à la FSGT avec l’objectif de poursuivre notre développement.
Et maintenant ?
Pour cela il nous faut d’abord faire un bilan d’étape et examiner sans crainte nos forces et nos faiblesses. Est-ce que l’orientation prise il y a plus de trente ans reste valable dans les conditions actuelles ?
Les innovations passées restent t’elles toujours efficaces ?
Quelles seraient les innovations nouvelles productives de développement ?
Pourquoi les innovations passées ne nous ont pas tant profité que cela ?
Un tel bilan suppose d’ailleurs que l’on ait la vue la plus juste possible de notre situation actuelle et c’est pour cela que va être lancé un questionnaire en direction de nos clubs pour mieux connaître la nature de nos activités.
Qui pratique quoi ?
Qui encadre qui ?
Qui gère quoi ?
Combien d’alpinistes, de skieurs et de skieuses de montagne, de grimpeurs et de grimpeuses, de cadres ?
Combien pratiquent en milieu naturel et/ou en SAE ?
Blocs et/ou falaises ?
Et sans doute bien d’autres questions à venir. Si un questionnaire au niveau des clubs est indispensable, il faut aussi que nous nous interrogions sur l’activité de la CFME. Depuis les innovations qui ont été à la base de notre

2Développement

La structure dirigeante de la spécialité montagne dans la FSGT a été caractérisée par un investissement professionnalisé au sein de la FSGT à Pantin (ce qui a été sans aucun doute une des causes du développement francilien), professionnalisation sur une base toujours militante et décidée suite aux stages Maurice Gratton, où le constat avait été fait de la trop grande faiblesse exclusivement bénévole des membres de la CFME. Il s’en est suivi une quasi disparition au bout de quelques années des réunions du bureau parisien de la CFME (réunions qui étaient hebdomadaires dans les années soixante-dix pour progressivement devenir bi-mensuelles, puis mensuelles, épisodiques et enfin disparaître).
Depuis quelques années, une CFME (sans bureau) a progressivement été revivifiée sur une base non élective et sans ANA. Le paradoxe est évidemment que cela n’a pas nui à notre développement, à moins que l’on pense que ce développement aurait encore été plus important si une telle structure avait été maintenue. La question est donc posée de l’utilité et du rôle d’une structure centralisatrice de ce type. Et de sa généralisation sur une base régionale au sein des comités.
Utile ou pas ?
Nécessaire ou pas ?
A quelles conditions ?
Si la CFME a été en sommeil, il y a eu néanmoins une activité de formation de cadres qui a plus ou moins perduré en alpinisme et en ski de randonnée et s’est développée en escalade (là encore surtout en Ile de France) et dont il faut aussi interroger l’efficacité.
Combien de cadres ?
Sur quelles activités ?
Quels effets ?
Vieilles questions et contexte nouveau. Mais toutes ces questions, qui de fait sont les mêmes que celles qui avaient été posées dans les stages Maurice Gratton ne se posent pas dans le même contexte qu’à l’époque. Le monde dans lequel nous vivons n’est pas celui des années quatre-vingt. Il est caractérisé par la domination du capitalisme financier et de la marchandisation de pans de plus en plus nombreux des activités humaines dont celui des loisirs sportifs est l’un des plus emblématique. Prendre la mesure des conséquences de ce contexte sur notre développement potentiel est fondamental. Cela pose la question du rôle de la médiatisation des pratiques (en particulier des compétitions professionnelles et des JO), des médias (journaux mais aussi internet) et des autres structures associatives (FFME et FFCAM en France, mais aussi UIAA, ISCF), des syndicats de professionnels et, plus généralement des structures de pouvoirs et des formes de délégation de pouvoir qui sont aujourd’hui de plus en plus en crise (c’est notamment l’un des enseignements que l’on peut tirer du mouvement des « gilets jaunes », qu’on l’approuve ou pas).
Enfin, une dernière caractéristique du contexte actuel tient dans l’importance prise par les questions autour du risque dans nos activités. Si elles ont toujours été marquées par l’existence de dangers potentiels importants (même mortels), la massification des activités a impliqué une visibilité plus grande à l’existence de ces risques, dans le même temps où la société tendait à vouloir diminuer les risques de toutes natures au maximum (même les militaires qui sont tués à la guerre sont considérés comme un scandale).
D’où une tendance à la normalisation (des pratiques, des équipements, du matériel), base d’une judiciarisation des accidents (et à une croissance des assurances et un risque accru de contentieux) dans un temps où les équipements des falaises commencent à vieillir et les contraintes financières de leur remplacement à se poser. L’accident de Vingrau est le cas d’école de cette situation.
Évidemment, cette montée des risques conduit à des réactions tendant à les réduire au prix parfois de la dénaturation des pratiques. C’est le cas quand la moulinette devient la forme principale de l’escalade (alors même que nombre d’accidents sont la conséquence de moulinettes mal faites) au détriment de l’escalade en tête sous prétexte que la chute doit être évitée à tout prix alors que c’est devenu un moyen de progrès essentiel permis par un équipement conçu pour cela. Concrètement, cela se traduit par des interrogations sur les responsabilités qui pèsent sur celles et ceux qui œuvrent comme bénévoles dans nos clubs et donc sur la possibilité de continuer à susciter un engagement bénévole.

Ce sont toute ces questions que nous devons nous poser dans une ANA, si nous voulons poursuivre notre développement.

En complément une vidéo :


Gilles Rotillon Introduction Assemblée Nationale Escalade FSGT from RENOUX YVES on Vimeo.


Le programme de cette assemblée :

programme de l'ANA


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