vendredi 22 novembre 2019

Chulilla: escalade, chicas et paella



Présentation d'une belle découverte (pour nous!) dans le Sud de l'Espagne, un site exceptionnel par de nombreux côtés.



Bon, maintenant que je vous ai attiré à lire la suite, place à la déception: la paella valenciana servie ici c'est un plat de cantine et je ne peux vous décrire les chicas car je ne les regarde pas. Ne reste donc que l'escalade et l'ambiance autour...


Chulilla, c'est d'abord un village blanc perché accroché à la rive du canyon du rio Turia, point de départ de randonnées et parcours VTT. Situé à moins d'une heure de Valence, il attire de nombreux touristes et sportifs le week-end alors il vaut mieux prévoir une journée de repos à ce moment. Le vendredi soir, on verra la place s'animer, les bars et restos sortir chaises et parasols qui retourneront s'empiler contre les murs dimanche soir. A propos de restaurant, j'ai traité de cantine le bar des grimpeurs, mais il y a un excellent restaurant ouvert toute la semaine dont vous trouverez l'évaluation ici: https://www.tripadvisor.fr/Restaurant_Review-g1076376-d8757750-Reviews-Restaurante_Hoces_del_Turia-Chulilla_Province_of_Valencia_Valencian_Country.html

Plusieurs alternatives possibles pour choisir la date de son séjour de grimpe: il y a autant de secteurs à l'ombre qu'en plein soleil, mais plusieurs facteurs entrent en ligne de compte pour ce choix: les secteurs avec du 5 et du 6a/6b sont plutôt ensoleillés. Les voies majeures du secteur qui a fait la réputation de Chulilla sont en face Nord (6b à 8a), la paroi d'en face ne concernant que le haut niveau. Je dirais que pour un niveau entre 6b et 7b la période fin octobre et novembre paraît adaptée, comme mars ou début avril. En réalité, la pleine saison de grimpe commence à la Toussaint et le site est déserté en été. Pour notre part, fin octobre, nous avons apprécié les 25 degrés et les baignades d'après séance dans le lac de Loriguilla.



Pour les secteurs au soleil, par contre, on repassera car une seule journée nuageuse nous a permis d'y goûter. Le principal inconvénient de Chulilla, c'est le manque de voies faciles. Un grimpeur de 5 n'y pourra faire que 2 ou 3 séances, à 6a je dirais 4 ou 5 et avec un niveau 6b on peut sans problème faire 7 ou 8 jours de belle escalade. C'est avec le 6c/7a qu'on pourra vraiment apprécier le rocher exceptionnel du site, notamment la grande face Nord près du barrage, un des must en Europe à mon avis, mais il faut de dépêcher car les voies commencent à s'user.


Au bord du Rio Turia, dans l'ombre, le mur majeur de Chulilla avec les secteurs Oasis, orange, et Chorreras (colonettes), au rocher noir.


Arrivés un soir vers 21h dans un village désert, nous échouons dans le seul établissement ouvert, celui cité plus haut, dont la qualité nous a remonté le moral car il n'y avait pas un chat dans les rues. On pose le camion au hasard sur une terrasse en bord de route et au réveil le lendemain c'est le flash. Imaginez le véhicule garé au bord du canyon du Verdon mais sans palissade...



Le temps de visiter la boulangerie (fort bonne, il s'avérera le soir même que ce seront les proprios de notre appartement), d'acheter le topo au tabac et de s'enfiler deux grands cafés en tentant d'appréhender la géographie du lieu et hop, nous filons vers nos deux premiers secteurs à visiter, choisis en fonction de l'ensoleillement car il faisait frisquet ce matin au lever. Ce sera la seule fois, ensuite nous rechercherons l'ombre.





Arrivée à Fantasia, de l'autre côté du vallon un secteur aux longues voies très dures, pas pour nous...
J'ai choisi Fantasia, exposé SE, laissant Pesadilla -la même falaise mais orientée à l'opposé- pour l'après-midi. Grosse erreur car le vent est tombé, les nuages disparu et la fin de journée plein soleil nous a valu des orteils bien douloureux et une fin de séance prématurée. Ces deux secteurs se trouvent en-dehors du canyon, à 3 kms du village et l'approche se réduit à quelques minutes. A Fantasia les grimpeurs de 6 se régaleront sur de grandes longueurs "old style" dans un rocher parfait. On y trouve aussi plusieurs voies de 5. La voie Techo Polvo, cotée 6c+ et qui me rappelle plutôt le 7a+ grec, nous laisse quelques inquiétudes sur les projets que j'ai à Chulilla... Inquiétudes confirmées l'après-midi quand nous passons à Pesadilla ou le 7a encore plus technique me procure un beau combat et un gros effort de lecture. En fait, ce seront les deux seuls secteurs visités où les cotations sont aussi sèches.


Pesadilla, on est bien en Espagne!
En prenant possession de notre logement en fin de journée, je reluque les grimpeurs évoluant à l'ombre sur un grand mur juste en face du village. Attiré, je décide que ce sera notre destination du lendemain car à l'ombre l'après-midi. aussi parce-que j'estime qu'il faut laisser encore une ou deux journées de séchage aux fameuses colos de Chorreras après la grosse pluie qui s'est abattue la veille de notre arrivée. Deuxième erreur en deux jours: l'ombre ne parvient que vers 14h, et encore, seulement dans la partie droite du secteur du Mur des Lamentations.  Même avec les chaussons larges j'ai eu mal aux pieds, surtout que hormis la grosse fissure évidente de Presis crack, les autres voies se déroulent dans du vertical technique avec les pieds souvent tordus dans des gouttes d'eau...

Le Mur des Lamentations, à gauche, bien ensoleillé jusqu'en milieu d'après-midi.


Une grimpeuse anglaise peaufine son bronzage dans Presis Crack, 6c+  facile.

Difficile de recommander des voies au Mur des Lamentations, elles sont presque toutes aussi belles dans un rocher parfait, alors on peut se fier aux étoiles du topo. Quand même, la voie éponyme, un long 7a,  mérite à elle seule le détour. attention au tirage, 37mètres avec un coude!

Myriam vient de franchir le crux du mur des lamentations




La journée de repos du lendemain nous permet de se promener pour découvrir de nouveaux sites et bien comprendre la géographie du lieu, un peu compliquée. Dommage qu'une des passerelles du canyon soit fermée pour réfection, nous ne pourrons faire la rando phare du secteur conseillée dans le Routard...

Sous les ruines du château, le secteur ancien de La Peneta avec ses voies de 50m (relais intermédiaire) hélas trop ensoleillées lors de ce séjour. Beaucoup de 6a/6b sur ce site. Même si certains départs sont patinés, la suite vaut vraiment le coup dit-on.





Au fond des gorges, installations hydro-électriques désaffectées et passerelles comme à El Chorro
Enfin nous allons visiter les secteurs qui font la réputation de Chulilla, près du barrage de Loriguilla, avec Julien et Myriam qui nous ont rejoints la veille et ont grimpé au secteur La Ley, sans intérêt, puis Préhistorico, très belles voies à l'ombre toute la journée. Nous commençons par le secteur Oasis où il y a quelques voies d'échauffement, mais c'est dimanche et ce n'est pas simple de trouver une voie abordable libre ce matin. Mais ça se gère, dans une ambiance sympa et cosmopolite du même genre qu'à Kalymnos, mais en bien plus petit nombre. Du coup, pour nous ce sera 6b+ puis 6c+ à l'échauffement, heureusement que les cotations ne sont pas trop méchantes! On atteint Oasis en franchissant une passerelle sur le rio puis en suivant un sentier cool taillé dans une végétation luxuriante. Le nom vient des palmiers qui poussent au pied de la falaise!

Catherine au départ de Gargola, 6b



Toujours Gargola, mais dans la prolongation en 7a+. A gauche, la superbe plan Z, 7a , à droite Dommages collatéraux, 7b+ que Julien réalisera à vue à l'échauffement!
La spécificité de l'Oasis, ce sont les réglettes et la raideur régulière du mur. Une multitude de prises broute-doigts où l'adhérence est encore excellente malgré les passages et la magnésie. Pour les pieds aussi, sauf les classiques les plus anciennes qui commencent à souffrir de la sur-fréquentation. Dans la voie Plan Z, il y a tant de prises au mètre carré qu'il n'y a aucun problème de taille et une dizaine de solutions différentes entre deux points. Pour les grimpeurs moyens: Le 6a+ où tout le monde commence, pas si mal, le 6b ci-dessus et trois 6b+ dont la longue et magnifique Magnetoresitencia. Plus difficile, Animaculo de la Placa, 7b, ainsi que toutes les voies à droite de celle-ci jusqu'à Cap y Cua sont trois étoiles.

 Pascal et Amalia sont arrivés aussi, c'est la première fois que nous nous retrouvons en vacances avec les deux moniteurs que nous avons formés lorsqu'ils n'étaient que des adolescents. L'occasion de vérifier s'ils n'ont rien perdu de leurs apprentissages premiers...




A droite, c'est le fameux secteur Chorreras, avec des tufas et colos dans du vertical ou léger dévers, ce qui fait que les voies sont plus techniques que physiques, avec souvent de bons repos. Heureusement car leur deuxième spécificité, c'est d'être longues, voire très longues. C'est le cas de la fameuse "Sendero luminoso", un aimable 7a pour la première chaîne à 40m et 7b pour le fabuleux final qui se termine à 55 mètres du sol! Toutes celles que nous avons parcourues en trois jours sont trois étoiles et nous sommes loin d'avoir éclusé le secteur.









Au départ du sentier lumineux, le bien nommé!

Nous avons également visité le secteur Master, pour l'instant le plus haut de cette longue barre. Des voies magnifiques sur un rocher exceptionnel, à partir de 6b. Il vaut mieux y arriver tôt car beaucoup s'échauffent ici avant de redescendre vers l'oasis, ou au contraire l'après-midi, la falaise est alors désertée pour cette raison. Les grimpeurs de 6b/6c peuvent par exemple commencer à Cherales, à quelques kms au Sud du village, qui regorge de voies de 5 à 6b, puis se rendre à Master une fois échauffés.

Masters, c'est la grande plaque grise à droite du panneau (voies de 48m en deux parties) et les voies de 7 sont dans les murs oranges.

Ces bonnes grosses journées se terminant au bar, les copains nous font partager leurs découvertes quand ils n'ont pas fréquenté les mêmes sites. Juju et Myriam ont visité Tio José, à deux pas du village et à l'ombre, avec des voies de tous niveaux, ainsi que la falaise sous le parking, assez usée mais sympa tout de même, grimpable de nuit car éclairée par un projecteur. Il faudra revenir...

P'tit Ju dans un 7b+ de Tio José.

Myriam dans une des rares fissures.

Aller à Chulilla: Valencia peut être ralliée par le train (SNCF + RENFE) entre 10h30 depuis Paris. Ensuite, il reste environ 45 kms. Sur place, on peut faire pas mal de sites sans véhicule, mais il est plus confortable de pouvoir se rendre au lac avec un véhicule, quoique le stop doit être possible aux heures des grimpeurs.

Toutes ces falaises face au village sont encore vierges...


Hébergement: nombreux appartements à louer au village ou aux alentours. Auberge des grimpeurs "El Altico" à 400m du village. C'est aussi un point d'accueil camping et vans, avec cuisine et grande salle à manger, toilettes et douches, pan d'escalade et piscine pour 10€/personne. Sinon en camping-car le bivouac est toléré et il y a de nombreux emplacements le long de la petite route qui mène au barrage.


Tourisme: aucune idée! On était tellement bien au village qu'on n'a même pas visité Valencia et son marché (le plus grand d'Europe paraît-il) ni même été piquer une tête dans la Méditerranée... Après, pour des habitués de la Grèce, la Costa Daurada, c'est pas très enthousiasmant!

Tentative artistique... Long Dong John, 6b+ à Chorreras.





Juliette vous salue bien!

2 commentaires:

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