lundi 14 novembre 2022

Circuit Jaune PD n°1 du Diplodocus aux Trois Pignons

    Les circuits d’escalade à Bleau datent du début des années cinquante (les deux premiers ont été ceux du Cuvier rempart) et après avoir été conçus comme des entraînements à la montagne, ils sont devenus le support d’une forme de pratique autonome, toutefois réservée à des grimpeurs confirmés, (davantage que des grimpeuses au début). A la fin des années soixante, des circuits plus faciles sont apparus, en particulier grâce à l’action de la FSGT qui est à l’initiative du premier circuit dédié explicitement à l‘initiation au Rocher Canon. Ce circuit, peint en jaune, a été ensuite suivi par de nombreux autres marqués avec la même couleur qui est devenue le repère d’un circuit facile.    

    Aujourd’hui, les circuits d’escalade prolifèrent, même si la pratique dominante n’est plus leur enchaînement mais plutôt celle du bloc à bloc. Du coup, une contrainte nouvelle apparaît pour les créateurs de circuits, celle de proposer un enchaînement dont tous les blocs aient un intérêt technique, éliminant de fait les nombreux blocs de transition des premières pistes, qui ne servaient qu’à réduire au maximum les trajets entre blocs pour imiter une course en montagne en mettant le moins possible les pieds au sol. Le circuit jaune du Diplodocus a été créé par des membres de la section montagne FSGT de Sainte Geneviève des Bois et il s’était, comme beaucoup de circuits, progressivement effacé au fil du temps. Il vient d’être retracé, (comme deux circuits à Etréchy dans l’Essonne), par un collectif de la FSGT, avec l’intention d’en faire un circuit accessible à toutes les personnes débutantes, sans encadrement nécessaire. Pour ce faire, les blocs les plus usés ont été soit supprimés, soit simplifiés et de nouveaux blocs ont été ouverts. Le Diplodocus est un lieu idéal pour l’initiation car il propose de nombreuses voies accessibles sur un espace réduit, rendant très facile la communication et l’entraide entre grimpeurs et grimpeuses. Mais au-delà de cette reprise d’un circuit devenu difficile à suivre, cette refonte a aussi été pensée comme une opération de formation à l’entretien des circuits. Quoi que s’imaginent beaucoup de grimpeurs (et même des grimpeuses) les nombreux circuits de Bleau ne naissent pas spontanément dans la forêt. Ils sont l’œuvre de passionnés, hélas trop peu nombreux, qui peinent à entretenir ce patrimoine. D’où l’idée de former des pratiquants et pratiquantes à la réfection de circuits, tâche indispensable et moins « fun » que la création puisqu’il s’agit de reprendre un circuit déjà existant. D’où aussi l’ouverture de nouvelles voies pour ne pas réduire la réfection à une simple reproduction de l’existant. De plus, les participants et participantes à ces opérations de réfection ne se sont pas contenté· de repeindre les circuits, mais ont également été associé à la cotation des rochers en veillant à les tester avant la peinture pour être sûrs que le niveau moyen du circuit reste homogène. Loin d’être anecdotique, cette initiative vise à ne pas se contenter de former des « peintres » voué uniquement à l’entretien, mais aussi à former des grimpeurs et grimpeuses autonomes, capables d’estimer le niveau de difficulté correspondant à un circuit facile. Trop souvent, la cotation des circuits est laissée à l’initiative des ouvreurs qui sont en général d’un niveau bien supérieur à celui des pistes jaunes, ce qui se traduit la plupart du temps par une tendance à la sous-estimation des difficultés. Il n’est en effet pas rare de trouver des circuits soi-disant d’initiation PD, avec des cotations individuelles entre le 2a et le 2c qui sont en réalité bien plus difficiles pour des débutants. Cela tient au fait qu’un grimpeur expert ne peut pas se transformer miraculeusement en grimpeur débutant et coter un passage en « oubliant » tout le bagage technique dont il est porteur. En réalité, un grimpeur, quel qu’il soit, n’est jamais capable d’évaluer la difficulté d’un bloc que si celui-ci est proche de son niveau réel. Un grimpeur de 6a ne peut absolument pas évaluer correctement un bloc de 2a (la réciproque est évidemment vraie). C’est pourquoi dans ces opérations de réfection de ces circuits, aussi bien au Diplodocus qu’à Etréchy, les cotations proposées sont le résultat d’une moyenne de l’avis de ceux et celles qui sont proches du niveau affirmé, et sont susceptibles d’être affinées au fil de la fréquentation. Une cotation ne peut être que statistique et certainement pas objective. C’est d’ailleurs la pratique du haut niveau, qui propose souvent des appréciations différentes et subtiles (quelle est la différence entre un 8c+ et un 8c/+ ?) reconnaissant de fait les écarts d’appréciation à partir d’un échantillon de grimpeurs et grimpeuses très réduit, donc peu significatif statistiquement, ce qui n’est pas le cas pour des pistes faciles qui peuvent être testées par de très nombreuses personnes. C’est donc ce qui a été réalisé au Diplodocus et à Etréchy, où des Pratiquants (es) membres de la FSGT 1 ont appris les rudiments de la réfection et de la création d’un circuit de niveau homogène, l’idée étant de « faire boule de neige » et de poursuivre cette activité de refonte sur le long terme pour conserver le patrimoine des circuits faciles. D’où aussi, la relative imperfection que les puristes de la refonte de circuits ne manqueront pas de noter dans la qualité des marquages et leur hétérogénéité. Les triangles et les numéros ne sont pas tous calibrés sur les normes du COSIROC, d’une part parce qu’ils ont été l’œuvre de plusieurs peintres et, d’autre part, parce que beaucoup d’entre eux et elles tenaient pour la première fois un pinceau. C’est peut-être le prix à payer pour que l’entretien des circuits devienne une préoccupation d’un plus grand nombre de pratiquants et pratiquantes. Enfin, pour contrer un peu la tendance au narcissisme et au besoin de reconnaissance de nombreux grimpeurs (rarement des grimpeuses), nous avons volontairement omis de donner les noms, aussi bien des premiers ouvreurs du circuit il y a près de soixante ans que de ceux et celles qui ont contribué à ces réfections.

 

1 Plus précisément, ce sont des adhérents (es) des associations et clubs suivants qui ont participé aux réfections de ces circuits : ASL Sainte Geneviève des Bois, Roc 14, USMA, Le mur, 11C+, US Saint Arnoult, FLM, G13.

1 commentaire:

  1. Savez-vous que durant les cinq années passées, il y a eu pour l’ensemble de la forêt domaniale des Trois Pignons et de Fontainebleau plus de circuits jaunes créés qu’il y en a eu entre 1980 et 2015. Soit 12 circuits autorisés exactement. C’est beaucoup, puisque ne sont pas inclus les circuits recréés en remplacement d’un ancien, comme le jaune de d Gorges du Houx et le Jaune de Roche aux Sabots, où alors c’est 19 nouveaux qu’il faudrait dire. Je ne parle pas non plus des cinq ou six circuits entretenus à l'identique. Il est vrai que seul un circuit est issu de l'initiative d'un militant FSGTiste (deux à présent avec celui du Diplodocus). Alors pour le prétendu effet boule de neige supposé venir de cette initiative, ça s'apparente plutôt à un réveil tardif. Mais dites du bien de vous même, il en restera quelque chose. Pour l'historique beaucoup d'affirmations et peu d'exactitude. Par exemple : le premier circuit explicitement créé pour l’enseignement (ou l’initiation) date de 1960 exactement aux Gorges de Franchard (des documents d’époque l’attestent). Certe, il n’était pas jaune, mais rouge. Le premier circuit jaune propice à l’initiation à bien été créé au rocher Canon mais en 1965 par Gérard Wey, mais je n’ai trouvé aucun document disant son club d’affiliation. Le premier circuit explicitement prévu pour l’initiation à été créé à J.A Martin par Janine et Michel Nicolaus en 1967. Aujourd’hui on peut dire que les indépendants plus pragmatiques que politisés ont été les principaux instigateurs de l’existence des circuits propices à l’initiation encore praticable. A ma connaissance, la dernière mouture du circuit jaune du Diplodocus a été conçus par Jean Pillot, à partir d’une vieille version de Fréderic Dulphy.

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